N°431 – Être et aimer, du statut à la posture de l’élu !

ÉDITO
Jean-Paul Carteret,
Président par intérim de l’AMRF
Être et aimer, du statut à la posture de l’élu !
C’était notre demande, notre combat de longue date à l’AMRF. À moins de cent jours des élections municipales, alors que la crise de l’engagement local est bien réelle, comment ne pas saluer l’adoption du statut de l’élu ?
Le texte adopté le 8 décembre constitue une avancée majeure. Il renforce concrètement les conditions d’exercice des mandats locaux : meilleure articulation entre vie professionnelle et engagement public, clarification des droits et des protections juridiques, reconnaissance accrue de l’investissement des élus. Il marque aussi une étape importante dans la reconnaissance du rôle des maires, avec une visibilité nouvelle de leurs droits.
Oui, ce statut est un progrès. Mais il ne saurait suffire. Car être maire, surtout dans nos communes rurales, ne relève pas seulement d’un cadre juridique : c’est une posture, une manière d’être au service des autres. Avec l’expérience, je peux en témoigner : on ne devient pas maire pour soi, ni pour quelques-uns. On le devient parce que l’on aime les gens et son village.
Polyvalents par nécessité, les maires ruraux sont sur tous les fronts. Ils s’occupent de tout, souvent sans compter, avec une priorité constante : répondre aux attentes de leurs concitoyens. Organiser des activités péri ou extrascolaires, une chasse aux œufs, un carnaval ou un simple goûter n’est jamais anodin. Cela suppose d’aimer les enfants, de les écouter, de leur répondre, parfois simplement de leur rendre un bonjour.
Être à l’écoute des aînés impose la même exigence. Comprendre, accompagner, faire preuve d’empathie : il faut aimer pour entendre leurs besoins de proximité, de services, d’humanité, à l’heure où le numérique envahit leur quotidien et, souvent, les dépasse.
Et pour faire vivre le lien social, pour cultiver le bien vivre ensemble, pour maintenir ces rencontres indispensables entre habitants tout au long de l’année, là encore, il faut aimer. L’avons-nous oublié ? Durant la crise sanitaire, le maire a été le premier maillon de la chaîne sociale, parfois le seul repère.
Alors oui, je forme un vœu : celui de parlementaires qui aiment « les gens » et la France comme nous aimons nos habitants et nos villages. Et qui nous proposent, eux aussi, des budgets responsables et équilibrés – comme nous y sommes contraints chaque jour dans nos communes et nos intercommunalités.
Jean-Paul Carteret
Président par intérim de l’AMRF
