MAI 2026

N°435 – Quand l’union fait la force

ÉDITO

John Billard, 
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Le maire et le préfet

Le Maire, fin stratège en sa cité,

Veillait sur chaque rue, chaque marché.

Il connaissait les noms, les visages,

Les rêves, les espoirs, les petits orages.

Le Préfet, lui, plus haut, plus large en vue,

Tenait les rênes d’une région toute entière,

Avec sagesse et une main ferme,

Il unissait les forces, évitait les querelles.

Un jour, le Maire, soucieux et las,

Vint trouver le Préfet, l’air un peu embarrassé :

« Mon bon ami, lui dit-il en confidence,

J’ai tant de projets, mais manquent les finances.

Mes écoles, mes routes, mes champs à fleurir,

Ont besoin d’appui pour mieux grandir. »

Le Préfet, soucieux mais toujours serein,

Lui répondit d’un ton à la fois doux et certain :

« Cher Maire, ton labeur est noble et nécessaire,

Mais seul, tu ne peux tout porter.

Laisse-moi t’aider, car l’État, lui aussi,

A des ressources pour tes beaux soucis.

Ensemble, unissons nos mains et nos esprits,

Et nos villages en seront ravis. »

Ainsi, le Maire, sur le terrain,

Faisait germer les graines du lendemain.

Le Préfet, lui, par son art et son rang,

Trouvait les fonds, les lois, le bon changement.

L’un sans l’autre eussent peiné en vain,

Mais leur alliance fit le bien commun.

Moralité, amis, retenez ce point :

L’union fait la force, et c’est là le bon chemin.

John Billard
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

AVRIL 2026

N°434 – Vous êtes la ruralité !

ÉDITO

John Billard, 
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Vous êtes la ruralité

Chers collègues, le mandat que vous venez d’entamer vous place au cœur de la République, là où s’expriment concrètement les réalités du quotidien. Être maire rural, ce n’est pas seulement administrer une commune : c’est porter une vision, une expérience et une légitimité indispensables à l’action publique.

Aujourd’hui, la ruralité est reconnue. Elle est écoutée. Mais trop souvent, elle n’est pas là où les décisions se prennent.

Au-delà de la commune et de l’intercommunalité, de nombreuses instances influencent directement vos territoires ; et les choix qui vous impactent se construisent souvent sans représentants réellement ancrés dans la ruralité.

Il est temps de passer d’une reconnaissance de principe à une présence effective. Et concrètement, cela suppose de changer nos pratiques collectives.

D’abord, ne pas attendre d’être sollicités. Les représentants ne doivent pas être désignés sans vous. Dans vos départements, faites valoir votre place : rapprochez-vous de votre association départementale des maires ruraux, proposez des candidatures, demandez à être identifiés pour siéger dans les instances.

Ensuite, interpellez. Lorsque les désignations se font sans prise en compte de la diversité des territoires, écrivez à votre préfet, aux services de l’État, aux structures concernées. Rappelez que la ruralité doit être représentée, non pas symboliquement, mais concrètement.

C’est le sens de la démarche engagée par l’AMRF au niveau national : nous avons saisi le Premier ministre pour que toutes les associations représentatives soient consultées dans la désignation des élus siégeant dans ces instances. Mais cette exigence doit aussi vivre dans chaque département.

Enfin, agissez collectivement. C’est en réseau, en lien avec vos collègues et vos associations locales, que vous pourrez peser durablement.

L’AMRF est à vos côtés : des maires au service des maires. Nous vous accompagnons pour faire reconnaître votre place. Mais cette place, elle ne se décrète pas : elle se prend.

Osez vous engager. Osez demander à siéger. Osez faire entendre votre réalité. Car la ruralité n’est pas une abstraction : la ruralité, c’est vous.

John billard
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

MARS 2026

N°433 – Le combat pour nos commerces

ÉDITO

Louis Pautrel,
Vice-Président en charge du commerce

Le combat pour nos commerces

Il fut un temps où nos communes comptaient de nombreux bistrots, cafés, auberges, épiceries, boulangeries, boucheries et autres commerces et artisans. À la sortie de l’église ou à l’occasion des fameuses commissions de la semaine, ils se remplissaient et étaient alors des lieux de vie et d’échanges, on s’y racontait son quotidien, sa vie de labeur mais aussi ses bonheurs. C’était l’image d’une société solidaire et humble qui savait se serrer les coudes.

Les Trente Glorieuses ont marqué un tournant, celui de l’essor des grandes surfaces. L’industrie a progressivement pris le pas sur ces commerces et artisans, et la démocratisation de la voiture a modifié les modes de déplacement et a fragilisé le commerce de proximité.

La crise sanitaire a paradoxalement eu un effet bénéfique pour les commerces locaux qui ont su s’adapter rapidement pour répondre aux besoins de la population – et on peut regretter que cet élan ait parfois été oublié depuis.

Ces dernières années, plusieurs dispositifs ont été mis en place pour accompagner la reprise, la transmission et la création d’activités commerciales. On peut saluer plusieurs initiatives telles que Bouge ton Coq ou Mille Cafés. La Fédération des Bistrots et Cafés a également déposé une candidature pour leur inscription au patrimoine de l’UNESCO. Certaines entreprises, comme Loomis, proposent d’installer des distributeurs de billets pour dynamiser le commerce local.

L’AMRF soutient toutes ces initiatives car c’est tout le tissu économique rural qui est concerné. Ces commerces jouent en effet un rôle majeur pour l’attractivité de nos communes. Ils sont des vecteurs essentiels de lien social, d’intégration et de solidarité.

Alors, un seul mot d’ordre à destination de nos habitants : poussez la porte de vos commerces ! Vous y trouverez, en guise de premier remerciement, un sourire, une parole chaleureuse et l’envie de revenir.

La relation humaine demeure l’une des plus belles richesses de nos campagnes. Merci à nos commerçants, à nos artisans et à leurs clients fidèles !

Louis Pautrel
Vice-Président en charge du commerce

Février 2026

N°432 – Quelle école demain ?

ÉDITO

Jean-Paul Carteret,
Président par intérim de l’AMRF

Quelle école demain ?

La baisse de la natalité rebat les cartes de la scolarisation en France. En milieu rural, elle frappe plus tôt, plus fort et plus durablement. Même si la fécondité y reste légèrement supérieure à celle des villes, elle ne compense ni le vieillissement ni les décès. Partout, les élus locaux s’interrogent. Comme les jeunes parents. Et c’est légitime.

Car après la santé, l’école est au cœur des préoccupations des habitants. Où seront accueillis les tout-petits ? Où iront les enfants de la maternelle au primaire ? À quelle distance, dans quelles conditions, avec quels services autour ? Ces questions dépassent la seule organisation scolaire : elles engagent l’avenir même de nos communes.

Soyons clairs : l’école est LE levier structurant de l’aménagement du territoire. Là où elle disparaît, les familles hésitent, les services reculent, la vie locale s’étiole. Là où elle tient, elle définit un territoire de vie : c’est là que les enfants se retrouvent, apprennent et grandissent ensemble, font société et créent ce lien intergénérationnel si précieux avec les parents et les grands-parents, tout en attirant d’autres services.

Nous sommes à un tournant. Face à la baisse des effectifs, la tentation est grande d’appliquer une logique purement comptable. Ce serait une erreur stratégique. L’Éducation nationale ne peut durablement raisonner à la calculette sans mesurer les conséquences territoriales de ses décisions. Les maires ruraux, eux, en assument chaque jour la responsabilité.

Cela ne signifie pas refuser toute évolution. Les regroupements pédagogiques et les territoires éducatifs ruraux peuvent être des solutions, à condition d’être construits dans la concertation, avec une répartition claire des rôles entre communes. Bien pensés, ils peuvent préserver l’attractivité de chacune d’entre elles et garantir une offre éducative de qualité.

Mais l’école rurale de demain ne se limite pas aux murs de la classe. Les communes assurent déjà l’accueil périscolaire, le temps du midi, les activités éducatives. Cette continuité doit être reconnue. Pour être pleinement attractive, l’école rurale doit aussi intégrer la petite enfance, service décisif pour l’installation des jeunes familles.

Les échanges récents avec le ministère et la convention signée par l’AMRF vont dans le bon sens. Encore faut-il les décliner concrètement, département par département, au plus près des réalités locales.

Car l’école rurale ne se décrète pas depuis Paris : elle se construit sur le terrain, avec les élus. Nous y sommes prêts !

C’est cette école-là que nous défendons. Une école qui n’oppose pas efficacité et proximité. Une école pensée comme un pilier de l’aménagement du territoire. Une école pour l’avenir de nos communes.

Jean-Paul Carteret
Président par intérim de l’AMRF

Janvier 2026

N°431 – Être et aimer, du statut à la posture de l’élu !

ÉDITO

Jean-Paul Carteret,
Président par intérim de l’AMRF

Être et aimer, du statut à la posture de l’élu !

C’était notre demande, notre combat de longue date à l’AMRF. À moins de cent jours des élections municipales, alors que la crise de l’engagement local est bien réelle, comment ne pas saluer l’adoption du statut de l’élu ?

Le texte adopté le 8 décembre constitue une avancée majeure. Il renforce concrètement les conditions d’exercice des mandats locaux : meilleure articulation entre vie professionnelle et engagement public, clarification des droits et des protections juridiques, reconnaissance accrue de l’investissement des élus. Il marque aussi une étape importante dans la reconnaissance du rôle des maires, avec une visibilité nouvelle de leurs droits.

Oui, ce statut est un progrès. Mais il ne saurait suffire. Car être maire, surtout dans nos communes rurales, ne relève pas seulement d’un cadre juridique : c’est une posture, une manière d’être au service des autres. Avec l’expérience, je peux en témoigner : on ne devient pas maire pour soi, ni pour quelques-uns. On le devient parce que l’on aime les gens et son village.

Polyvalents par nécessité, les maires ruraux sont sur tous les fronts. Ils s’occupent de tout, souvent sans compter, avec une priorité constante : répondre aux attentes de leurs concitoyens. Organiser des activités péri ou extrascolaires, une chasse aux œufs, un carnaval ou un simple goûter n’est jamais anodin. Cela suppose d’aimer les enfants, de les écouter, de leur répondre, parfois simplement de leur rendre un bonjour.

Être à l’écoute des aînés impose la même exigence. Comprendre, accompagner, faire preuve d’empathie : il faut aimer pour entendre leurs besoins de proximité, de services, d’humanité, à l’heure où le numérique envahit leur quotidien et, souvent, les dépasse.

Et pour faire vivre le lien social, pour cultiver le bien vivre ensemble, pour maintenir ces rencontres indispensables entre habitants tout au long de l’année, là encore, il faut aimer. L’avons-nous oublié ? Durant la crise sanitaire, le maire a été le premier maillon de la chaîne sociale, parfois le seul repère.

Alors oui, je forme un vœu : celui de parlementaires qui aiment « les gens » et la France comme nous aimons nos habitants et nos villages. Et qui nous proposent, eux aussi, des budgets responsables et équilibrés – comme nous y sommes contraints chaque jour dans nos communes et nos intercommunalités.

Jean-Paul Carteret
Président par intérim de l’AMRF